Place Vendôme (métro madeleine, opéra) (architecte François Mansart, 1687)
A l’époque classique des 16è, 17è et 18è siècle, l’ “embellissement” des villes passa par l’aménagement de places géométriques destinées à servir d’écrin à une statue équestre du roi. Contemporaine de la place des Victoires, la place Vendôme fut édifiée pour recevoir la statue de Louis XIV en empereur romain. Appelée place Louis-le-Grand jusqu’à la Révolution, elle a pris aujourd’hui le nom de l’hôtel particulier qu’elle remplaça en 1687. Après un projet de place carrée, Mansart dessina un nouveau plan octogonal à pan coupé percé d’une seule rue, conférant à l’ensemble une atmosphère de salon. Edifiés au début du 18è siècle dans un style classique majestueux (colonnes, arcades, frontons), les fastueux hôtels de la place furent vendus à de grands financiers et des fermiers généraux. Le nouveau quartier en vogue prit le relais de la place des Vosges et du Marais. Lors de la Révolution, la statue royale fut renversée et envoyée à la fonte. Sur l’ancien piédestal, Napoléon fit édifier en 1806 une colonne à la gloire des soldats vainqueurs d’Austerlitz : il choisit la colonne Trajane à Rome comme modèle et utilisa le métal des canons autrichiens fondus. Des bas-reliefs en spirale racontent encore la campagne de 1805. Au dessus fut installée une statue de Napoléon qui ne résista pas au changement de régime en 1815. La copie que disposa Napoléon III est toujours en place. La fin du 19è siècle ajouta les lampadaires d’Hittorff. Enfin, nouvellement pavée de dalles et de granit, la place est devenue semi-piétonne en 1992. La place Vendôme reste symbole de luxe : son nom évoque les joailliers de la rue de la Paix (seul Boucheron est au n°26), l’hôtel du Ritz au n° 17 fondé en 1898. Au n° 13, le ministère de la justice fut acheté en 1717 pour y installer la chancellerie du royaume. Sur la façade, un mètre de marbre a été placé en 1795 pour habituer les Parisiens à la nouvelle unité de mesure.